Le 9 juillet 2026, Linkuma recevait Pierre Ribeaucourt, directeur acquisition SEO et Paid chez Empirik, agence lyonnaise de marketing digital fondée en 2012. Près d’une heure et demie de discussion sur un sujet dont on parle peu publiquement : comment on recrute vraiment un consultant SEO, comment on le fait monter en compétence, et comment on le garde.
Pierre a un parcours particulier. Il a découvert le référencement au collège, à 14 ans, en créant des bannières gratuites pour des membres de forums en échange d’un lien vers son site. Il ne savait alors même pas que c’était un métier. Dix ans d’agence plus tard, il a fait grossir deux équipes SEO en partant de presque rien, il dirige le pôle acquisition d’Empirik et co-administre le plus gros Discord SEO francophone.
Cet article reprend l’essentiel de ce qu’il a partagé, et le replay complet (1h23) est disponible gratuitement. Si vous recrutez, si vous postulez ou si vous dirigez une équipe SEO, vous repartirez avec des méthodes applicables dès demain.
🧠 Ce qu'il faut retenir
- 🎯 Un bon SEO chez un employeur peut être un mauvais SEO chez un autre. Avant de recruter, définissez ce que vous cherchez, pas « le meilleur ».
- 🧩 Un consultant SEO en agence doit couvrir trois champs de compétences qui ne vont pas ensemble : la technique, le marketing et la communication.
- 📚 La technique s’apprend. Le marketing s’apprend un peu. L’empathie ne s’apprend presque pas.
- 🚀 Le meilleur signal chez un candidat : ses propres sites. Face à son projet perso, personne ne peut se cacher derrière le client ou l’agence de développement.
- 📣 La marque employeur sur LinkedIn fonctionne à deux conditions : des gens qui aiment le métier, et des gens qui se sentent bien dans l’entreprise.
🎯 Avant de recruter, il faut savoir ce qu’on cherche
Pierre le pose d’entrée, et y revient tout au long de l’échange : les recrutements ratés se jouent rarement sur la compétence du candidat. Ils se jouent en amont, dans l’écart entre ce que l’agence croit chercher et ce dont elle a réellement besoin.
Tu peux être un très bon SEO dans une agence A et être un très mauvais SEO dans une agence B.
Il prend son propre exemple. Après plusieurs années à faire grandir un pôle webmarketing dans une agence lyonnaise, il rejoint une grosse structure nationale. Le courant ne passe pas. Non pas parce que l’agence est mauvaise, ni parce qu’il est mauvais, mais parce qu’il s’y sentait « un rouage dans une machine », alors qu’il venait de passer quatre ans à tout construire de A à Z.
La conséquence pratique est nette. Quand un consultant arrive et ne fait pas l’affaire, le réflexe d’agence consiste à lui coller une étiquette : « bullshiteur », ou pénible. Pierre remet en cause ce réflexe. La plupart du temps, la personne n’est simplement pas au bon endroit, et l’erreur a été commise en amont, au moment de définir le poste.
🧩 Les 3 compétences d’un consultant SEO, qui ne vont jamais ensemble
C’est le passage le plus dense de l’échange, et le plus utile pour quiconque écrit une fiche de poste SEO.
Un consultant SEO en agence doit couvrir trois champs de compétences. Trois champs qui, précise Pierre, ne vont pas du tout ensemble : voilà exactement pourquoi ce recrutement est si difficile.
🔧 1. La technique
Il ne s’agit pas d’être développeur, mais de pouvoir parler à un développeur sans passer pour un touriste, de comprendre ses contraintes et de formuler des recommandations qui tiennent debout.
Concrètement : savoir reconnaître un site rendu côté client, être capable de proposer du rendu côté serveur ou du pré-rendu, savoir lire des logs, comprendre le crawl, savoir à quoi sert un CDN. Rien d’exotique, mais rien d’universel non plus.
Une objection revient souvent : la majorité des projets n’ont pas besoin de ce niveau. Une arborescence propre, du contenu et des liens suffisent à la plupart des sites. Pierre l’accorde, puis retourne l’argument : le problème n’est pas le cas fréquent, c’est le cas rare. Il raconte la mésaventure d’un de ses consultants :
Il se retrouve à un moment avec un petit site chargé côté client, et il ne s’en rend pas compte.
Sans le réflexe d’aller vérifier, la situation peut durer des semaines, voire des mois, avant que quelqu’un ne comprenne pourquoi le site ne décolle pas. Et le jour où un projet complexe entre alors que tout le monde est débordé, il faut bien que le seul consultant disponible sache le prendre en main.
📈 2. Le marketing
Faire du SEO, c’est faire du marketing. Pierre en donne une définition limpide : un mot clé est un besoin exprimé sous forme de requête. C’est la demande. La page que vous positionnez en face, c’est l’offre. Le travail du SEO consiste à faire correspondre les deux. Vous ne vous positionnerez pas sur des mots clés pour lesquels vous n’êtes pas légitime, et vous n’obtiendrez aucun résultat si l’offre de votre client ne répond pas au besoin exprimé dans la requête.
Beaucoup de consultants le vivent sans le nommer : chez Empirik, une bonne partie des audits SEO dérive naturellement vers le marketing. Dès qu’on travaille l’autorité et l’expertise d’une marque, dès qu’un projet est piloté à la performance, il faut se demander pourquoi le trafic envoyé sur une page ne convertit pas, pourquoi les demandes de devis ne partent pas, et ce que les gens disent de vous ailleurs sur le web.
🗣️ 3. La communication
Un consultant bon en technique et en marketing fera un excellent SEO chez l’annonceur, ou un très bon indépendant. Pour tenir en agence, il manque une troisième brique.
Il faut d’abord réussir à convaincre ton client, convaincre l’agence de développement de ton client, lui expliquer pourquoi il doit revoir son offre, pourquoi il doit refondre sa page.
Pierre est catégorique, et il donne l’exemple qui fait mal : Empirik a déjà perdu des clients alors que les performances étaient bonnes, simplement parce que la relation avec le consultant ne passait pas.
🎓 Laquelle des trois peut-on enseigner ?
Face à un profil intéressant mais incomplet, Pierre ne se pose qu’une question : sur quelle compétence manquante peut-on le faire progresser ? Sa réponse hiérarchise clairement.
La technique est la plus facile à apprendre : un plus un font deux, c’est peu subjectif, les bases s’acquièrent. Le marketing demande du bon sens, plus difficile à transmettre à quelqu’un qui n’en a jamais fait, mais des principes s’installent avec le temps.
Le plus dur à apprendre à quelqu’un, c’est l’empathie.
Savoir faire passer un message, raconter une histoire, se mettre à la place de son interlocuteur. Si ce n’est pas le truc de la personne au départ, la faire progresser sur ce terrain est très difficile. Double peine : c’est aussi la compétence la plus dure à détecter en entretien.
🚀 Le seul signal qui ne trompe pas : ses propres sites
Qu’est-ce qui rend un profil attrayant ? Pierre répond en trois points, sans hésiter : qu’il soit passionné par le SEO, qu’il ait ses propres sites, qu’il ait envie et la capacité d’apprendre.
La passion n’est pas un mot creux dans sa bouche : c’est le premier critère qu’il cherche à détecter. Est-ce que faire ranker des sites fait marrer le candidat ? Est-ce que passer de la neuvième position au top 3 sur un mot clé lui procure quelque chose ? Un consultant pour qui le SEO n’est qu’un travail alimentaire peut être bon. Mais il creusera moins, fera moins de veille, prendra moins les choses personnellement.
Le second critère est plus opérationnel, et il devrait circuler chez tous les juniors qui cherchent un poste. Avoir monté ses propres sites, avoir tenté l’affiliation, la revente de leads, la vente de liens, avoir échoué : voilà le profil qu’Empirik adore.
Pourquoi ? Parce que face à son propre site, on est seul.
J’ai vu beaucoup de consultants SEO en agence se cacher derrière le fait que oui, c’est le client, il n’a pas appliqué la reco, oui, c’est l’agence de développement, elle ne m’écoute pas.
Sur un projet personnel, ces excuses disparaissent. Si vous n’êtes pas dans le top 3, c’est votre problème. Vous êtes aussi beaucoup plus agile : vous testez plus, vous allez plus vite, et si vous vous plantez, vous n’avez mis en péril le business de personne. Vous pouvez essayer sur vos projets ce que vous n’oseriez jamais tenter chez un client, et revenir avec un retour d’expérience réel plutôt qu’une intuition.
D’où le conseil que Pierre donne aux consultants en début de carrière, et la phrase qui a probablement le plus circulé après le direct :
Il n’y a pas de meilleur CV qu’un site qui ranke.
Un junior n’a pas d’expérience à mettre en avant. C’est frustrant, c’est normal, et c’est un des rares métiers où ce problème se règle tout seul : un graphiste montre ses créations, un SEO peut montrer ses positions. Un site de niche, quelques mois de travail, des résultats mesurables.
Remplis ton CV par toi-même.
Envie d'entendre Pierre le raconter ? Voir le replay
🕵️ Le process de recrutement d’Empirik : deux questions à dix minutes d’écart
Le premier filtre n’est pas technique. Un candidat qui postule commence par un appel avec Florine, directrice des opérations et des ressources humaines.
Sa méthode : poser une question apparemment anodine en début d’appel, puis une autre, sans rapport apparent, dix minutes plus tard. Mise côte à côte, la paire de réponses révèle aussitôt si la personne a répondu naturellement ou récité un discours préparé pour dire ce qu’on veut entendre.
Florine a aussi appris les bases du SEO, et pose quelques questions métier préparées en amont. Objectif : vérifier qu’il y a matière avant que Pierre n’investisse du temps sur le dossier.
Deux détails intéresseront les candidats.
Le premier concerne le vivier : quand une opportunité se présente, Empirik commence par réactiver les profils qui avaient plu par le passé. Une candidature spontanée n’est donc jamais totalement perdue.
Le second concerne la réponse que vous recevez. Il n’y a pas de réponse automatique : chaque CV est lu et classé manuellement. Une réponse générique signifie que le dossier n’a pas été retenu ; une réponse personnalisée, que la candidature intéresse vraiment et qu’une reprise de contact dans les mois suivants est possible.
🌱 Après l’embauche
Une fois le junior recruté, sa montée en compétence ne passe pas par des sessions théoriques. Sa première analyse de logs, il la fait avec Pierre, sur son propre client, avec des données réelles. Les formations existent, mais elles répondent à un besoin identifié : la prise de parole en public, la présentation d’un bilan, la méthode agile.
💡 Ce qu'un bon manager assume
Interrogé sur le fait de bien s'entourer, Pierre lâche : « Je gère l'équipe SEO et il y a des trucs que mon équipe sait faire beaucoup mieux que moi. » Il raconte l'arrivée récente d'un profil senior qui a écarquillé les yeux en découvrant leurs méthodes, tout en apportant des choses que personne ne maîtrisait en interne. Un manager qui assume publiquement de ne pas être le meilleur technicien de la maison, c'est le signe d'un collectif qui tourne.
⚙️ Comment tourne une agence SEO, vu de l’intérieur
Une agence vend du temps. Ce principe éclaire tout le reste, pour les candidats comme pour les dirigeants. Chez Empirik, l’équation est posée ainsi : pour que l’agence gagne de l’argent, un consultant doit passer 80 % de son temps sur des projets vendus, soit environ quatre jours sur cinq, hors dépassement et hors avant-vente.
Les 20 % restants, une journée par semaine, servent aux sujets internes : améliorer un process, retravailler un livrable type, tester un outil, ou en construire un.
Le nombre de clients par consultant n’est pas imposé. On peut être à 80 % de temps facturé avec trois gros clients, ou avec quinze petits. Empirik oriente clairement vers les premiers, pour une raison rarement énoncée aussi franchement : quinze petits clients, ce sont autant de relations à entretenir, souvent deux interlocuteurs chacun, donc trente personnes à qui rendre des comptes tous les mois. La charge mentale explose, et les micro-tâches passent à la trappe.
Pierre ajoute aussitôt une nuance : un petit client, ce n’est petit que de votre point de vue.
Pour toi c’est un petit client, mais ça se trouve pour lui c’est énorme. Il mérite le même respect que les gros clients.
Le temps est décompté au crédit temps, sur la base du déclaratif. Si un audit vendu trois jours est produit en deux jours et demi, la demi-journée restante n’est pas empochée : elle sert à aller plus loin, par exemple en détectant un besoin ailleurs. Cas concret cité par Pierre : en analysant les données d’un client, le consultant repère un bandeau cookies mal configuré, qui fait basculer une partie du trafic SEO en trafic direct. Le temps SEO restant se transforme en temps analytics, avec l’accord du client, parce que le SEO se pilote à la performance.
🛠️ Les journées où toute l’équipe construit des outils
Empirik organise des journées entières où chaque consultant développe un outil. Deux ont déjà eu lieu, d’autres suivront, et Pierre estime que plus de la moitié des outils utilisés par l’agence ont été créés par les consultants eux-mêmes.
La vraie difficulté est organisationnelle : éviter que deux personnes construisent chacune de leur côté le même outil de maillage interne. La réponse d’Empirik tient en deux règles simples.
Tous les dépôts de code sont partagés, et chacun peut repartir du projet d’un collègue plutôt que de recoder de zéro. Surtout, chaque consultant dispose d’un document listant les briques de code qui existent déjà : se connecter à la Search Console, appeler telle ou telle API. Quand l’assistant IA reçoit l’instruction, il ne réécrit pas le connecteur, il va chercher la brique existante. Toute l’équipe travaille sur la même base.
🔗 Le netlinking en agence : coacher ou déléguer
Empirik n’a pas d’équipe dédiée au netlinking. À sept consultants SEO, se diviser le travail de cette façon n’aurait aucun sens : seules les très grosses structures peuvent se le permettre.
Le netlinking se gère donc sur un curseur, dont la position dépend du client. À une extrémité, le client ne sait pas faire et s’en désintéresse : le consultant est en autonomie totale, il a son budget et il exécute. À l’autre, le client dispose d’un SEO en interne et de son propre budget : le consultant passe en mode coaching. Il analyse le profil de liens existant, celui des concurrents, indique quel type de liens aller chercher, quelles pages pousser, et laisse le client appliquer.
Ces clients-là sont d’ailleurs les préférés de l’équipe : les conversations avec eux sont autrement plus riches qu’avec un annonceur à qui il faut réexpliquer chaque année la différence entre un backlink et un domaine référent.
Un arbitrage économique ressort de cet échange, et il devrait faire réfléchir toutes les agences qui sourcent leurs spots à la main. Le temps d’un consultant coûte, en ordre de grandeur, une centaine d’euros de l’heure. Passer une heure à dénicher un excellent spot à 10 euros revient donc à facturer ce lien 110 euros au client. Ce n’est plus un bon spot. À l’inverse, passer une heure à sécuriser un lien à 500 euros sur un site premium est un investissement rationnel.
La conclusion d’Empirik est pragmatique : les petits spots partent en délégation sur des plateformes, le temps humain se concentre là où il crée de la valeur.
🟣 Le mot de Linkuma
C'est exactement la logique derrière notre option de délégation netlinking. Vous confiez votre budget, nos équipes repèrent vos pages à fort potentiel qui manquent de liens, et achètent les liens pour vous. Le service est inclus, sans surcoût, et vous récupérez le temps que vous auriez passé à sourcer. Nos liens démarrent à quelques euros, ce qui rend l'arbitrage évoqué par Pierre encore plus tranchant. Nous proposons également le relinking en natif, pour répondre aux problèmes d'indexation des backlinks que beaucoup de consultants constatent depuis quelques mois.
💬 LinkedIn : apporter ce qu’on vient y chercher
Pierre poste sur LinkedIn depuis deux ans. Les six premiers mois lui ont rapporté une dizaine de leads qualifiés pour l’agence. Les métriques de vanité, il les balaie d’un revers :
Les impressions, les clics, en soi on s’en fout. Ce qui compte, c’est le business, sinon ça ne sert à rien d’y passer du temps.
Sa ligne éditoriale tient en une phrase : sur LinkedIn, il essaie d’apporter ce qu’il vient y chercher. Son constat de départ : beaucoup de gens y viennent pour vendre, alors que personne n’ouvre l’application en se disant qu’il va trouver un prestataire. Les gens ouvrent LinkedIn dans le métro, ou aux toilettes, comme un réseau social grand public. Ils veulent passer un bon moment. Et l’algorithme, dont l’objectif est de retenir l’utilisateur, met en avant ce qui capte l’attention.
Il en tire une typologie de posts utile à n’importe quel expert qui construit une audience.
Les posts de visibilité 👀, souvent humoristiques, génèrent beaucoup de likes et d’impressions et font grossir la communauté. Les puristes du SEO n’aiment pas les écrire ; sans eux, pourtant, vous restez confiné à un public de niche.
Les posts de preuve 🧾, plus techniques, décollent moins. Pierre y observe une métrique que LinkedIn n’affiche pas publiquement et qu’il juge la plus parlante : le nombre d’enregistrements. Il cite un tutoriel récent, étape par étape : une cinquantaine de likes, environ 120 enregistrements. Personne ne s’amuse en lisant un tutoriel, mais 120 personnes ont voulu le garder sous le coude.
Les deux types sont nécessaires : les premiers pour qu’on voie votre visage, les seconds pour qu’on vous croie.
🧲 Le lead n’est jamais attribuable
Tous les créateurs de contenu B2B le savent sans oser le dire : personne ne vous écrit en citant le post qui l’a convaincu. Les gens vous contactent en disant qu’ils vous ont vu sur LinkedIn, qu’ils ont un projet, et qu’ils aimeraient en parler.
Pierre a poussé l’exercice jusqu’au bout. Il a publié un article LinkedIn analysant ses propres données sur deux ans. Il y reprend un lead magnet, un guide offert en message privé à 166 personnes, puis examine chaque conversation, une par une. Cette personne est-elle devenue cliente ? L’a-t-elle contacté pour une offre commerciale ? A-t-elle recommandé l’agence ? L’a-t-elle invité à un événement ou à un webinar ? A-t-elle candidaté chez Empirik ?
Le résultat est plus riche qu’un taux de conversion. Une part non négligeable de ces 166 personnes lui a apporté quelque chose, d’une manière ou d’une autre : quelques offres commerciales, des invitations à des webinars, des citations dans des recommandations d’experts, et des candidatures spontanées de gens dont le tout premier point de contact avec l’agence était ce document.
Pour une agence, la visibilité d’un consultant sur LinkedIn sert donc autant à recruter qu’à signer des clients.
La suite en vidéo : voir le replay (1h23)
📣 Marque employeur : payer ses consultants pour poster, et assumer qu’ils partent avec l’audience
Sur la marque employeur, Empirik prend le contre-pied de la plupart des agences.
Le point de départ est le même partout : la page entreprise d’une agence n’a quasiment aucune visibilité organique. Pour exister, il faut que les collaborateurs prennent la parole. Jusque-là, rien d’original.
Deux préconditions, en revanche, sont posées avant toute chose. Il faut des gens qui aiment sincèrement parler de SEO. Et il faut des gens qui se sentent bien dans l’entreprise, parce qu’on prend la parole au nom de sa boîte quand on l’aime et qu’on a envie que ça continue. Si ces deux conditions ne sont pas réunies, aucun dispositif ne fonctionnera.
Ensuite, Empirik pose une question que peu d’agences osent poser : qui a envie de prendre la parole, qui a envie de soutenir ceux qui la prennent, et qui n’en a pas envie du tout ?
Les trois réponses sont légitimes. Personne n’est forcé, personne n’est blâmé. On peut vouloir soutenir les copains sans jamais publier soi-même, et c’est bien plus fréquent que l’inverse.
Pour ceux qui se lancent, l’entreprise déploie un vrai dispositif, porté par Florine et par Lionel Cherpin, le dirigeant :
- ⏱️ une heure par semaine bloquée dans l’agenda, sur le temps de travail, donc payée ;
- 🎓 un accompagnement et du coaching financés par l’entreprise ;
- ✍️ une relecture des posts ;
- 🗓️ un outil de préparation et de programmation, où le consultant écrit à l’avance, ajoute l’image, planifie la date, et programme aussi ses commentaires et réactions sur les posts des collègues.
Résultat : ils démarrent dans des conditions idéales, soutenus par ceux qui n’osent pas publier mais veulent donner de la force aux autres.
🤝 « Et s’il part avec l’audience que j’ai payée ? »
Beaucoup d’agences reculent devant ce modèle pour une raison unique : si je paie un salarié pour construire son audience, il partira demain avec.
Pierre l’assume sans détour : les consultants qui se sont lancés garderont leur audience s’ils quittent l’entreprise.
C’est gagnant-gagnant, sinon ils ne le feront pas. L’entreprise y gagne parce qu’elle gagne en visibilité, mais il faut que le consultant y gagne quelque chose, sinon il n’a aucun intérêt à le faire.
La logique va plus loin encore. Chez Empirik, les consultants peuvent exercer en freelance en parallèle, sous conditions déclarées et encadrées : pas de concurrence avec l’agence, pas de lead susceptible d’intéresser l’agence, transparence sur les clients et les conditions. Mais un lead que l’agence ne peut pas traiter, pour une question de budget par exemple, est plus utile dans les mains du consultant que perdu dans la nature. Il peut même le faire grandir, et ce client peut revenir vers l’agence plus tard.
Et Pierre boucle avec sa cohérence habituelle : puisque l’agence encourage ses consultants à se retrouver seuls face à leurs résultats, le freelancing est un excellent terrain d’entraînement.
🎮 Le Neurchi de SEO, ou les questions qu’on ne pose pas sur LinkedIn
Le Discord Neurchi de SEO (présenté par Pierre sur LinkedIn) est aujourd’hui l’un des principaux points de ralliement du SEO francophone. Créé par Quentin Fabrizio, il est administré par Pierre, aux côtés de Yann et Kevin, avec des modérateurs supplémentaires depuis quelques épisodes agités.
Le KPI du serveur n’est pas le nombre de membres : Pierre ne le connaît même pas. Ce qui l’intéresse, c’est le nombre de messages échangés par jour et la qualité de ces échanges.
La raison d’être du serveur tient dans une phrase :
Ce sont des questions que tu n’oseras pas poser sur LinkedIn, parce que ce n’est pas fait pour.
Un consultant qui bloque sur un problème technique, qui tourne en rond après avoir cherché partout, ne va pas exposer son ignorance sur un réseau où il construit sa crédibilité professionnelle. Il lui faut un endroit où poser la question et recevoir une réponse d’un pair, sans conséquence d’image.
Le serveur a connu ses tensions. Un canal historique, baptisé à l’origine pour épingler les énormités SEO qui circulent sur LinkedIn, posait un problème d’image. Même en anonymisant les captures, même en se moquant de la technique et non de la personne, l’intention était difficile à justifier. Alors que 90 % des échanges du Discord viennent de SEO qui s’entraident dans une bonne ambiance, c’était par ce canal que le serveur se faisait attaquer. Il a été renommé et ses règles ont changé.
🏫 Les mythes SEO qu’on enseigne encore à l’école
Une anecdote de fin d’échange éclaire une partie du travail quotidien d’un manager SEO. Pierre a eu des alternants qu’il a dû, pour reprendre son expression, « détricoter ». L’un d’eux avait conservé des supports de cours conseillant de désavouer tous les sites dont une métrique propriétaire d’un outil tiers était inférieure à celle du site qu’on optimise.
Il faut mesurer ce que cela signifie : la personne qui a écrit ce cours pense que Google s’appuie sur une métrique calculée par un éditeur privé, une métrique par ailleurs manipulable. Elle n’a aucune notion du fonctionnement du moteur, et elle l’enseigne.
Ces mythes ont un coût réel. Un post qui raconte n’importe quoi peut atteindre une portée considérable, et le consultant se retrouve à démentir devant son client, en passant pour celui qui conteste un expert. Voilà aussi pourquoi les espaces d’entraide entre pairs existent.
Sur l’état du métier, Pierre est net. Le SEO à l’ancienne est mort : il ne connaît plus personne autour de lui qui achète des backlinks sans réfléchir. Mais le SEO, lui, se porte bien. Empirik accueillait son septième consultant SEO la semaine suivant le webinar, à un moment où l’on entend partout que la discipline serait finie. Les moteurs génératifs n’ont pas supprimé le travail : ils ont ajouté des surfaces à couvrir.
⚡ Quatre questions, quatre réponses sans détour
Qu’est-ce qui rend un profil SEO attrayant en recrutement ?
Trois critères reviennent chez Pierre : la passion (est-ce que gagner des positions procure quelque chose au candidat), des projets personnels en ligne, et l’envie comme la capacité d’apprendre. Le diplôme, lui, n’apparaît nulle part dans sa réponse.
Quel conseil pour un consultant SEO en début de carrière ?
Créer ses propres sites sans attendre qu’une agence lui donne sa chance : le SEO est un des rares métiers où l’on peut se constituer une expérience démontrable seul, positions à l’appui.
Pourquoi le nom Empirik ?
Pour la méthode empirique. L’agence couvre le SEO, le Paid et la data, et la data est au centre de tout : aucune décision ne se prend au doigt mouillé, c’est elle qui tranche.
Est-ce qu’Empirik travaille avec des freelances ?
Rarement : en cas de surcharge imprévue, sur un départ non remplacé, ou pour des tâches précises et chronophages qu’il serait absurde de facturer au tarif d’un consultant. L’équipe se fait aussi coacher ponctuellement sur des spécialités pointues.
Merci à Pierre Ribeaucourt pour sa disponibilité et la franchise de ses réponses, et merci au Neurchi d’avoir animé le tchat. 🙌
Le prochain rendez-vous Linkuma a lieu le 23 juillet 2026, sur l’actualité SEO et IA : inscrivez-vous gratuitement. Nos webinars se tiennent toutes les deux semaines, sans inscription payante ni rediffusion réservée, et tous les replays restent disponibles. Si vous avez une idée d’invité, écrivez-nous : nous irons le chercher. 🎙️